13 mai 2017 ~ 2 Commentaires

L’Ange Baptiste

Le Petit Bistrot, Boulevard Maginot à Metz est un endroit où j’aime jouer. Je l’ai fait il y’a deux ans il me semble et ça c’est refait hier soir. Bonne acoustique, accueil respectueux. Aucun stress. Je vois le bon côté de ce nouveau quartier des allemands (qui n’a désormais d’allemand que le nom).

Dans les années 90, j’ai habité la rue des allemands. C’était alors très Amélie Poulin, le quartier avec l’épicier arabe et les élèves des beaux arts. Désormais, c’est peut être un peu plus craignos par certains aspects. Mais par contre, il fait bon vivre au Petit Bistrot.

On se trouve en face de la mythique porte des allemands, refaite en espace culturel désormais. Un vrai bistrot de quartier qui, dans la mesure de ses possibilités, va mettre en avant les artistes du coin. Abdel, le gérant, a le sens de l’accueil.

La soirée de hier était pour le coup particulière. L’Ange Baptiste, un artiste qui s’est souvent produit là et dans les bars alentours, est mort quelques jours avant. L’après-midi, ses amis se réunissaient pour un dernier au revoir.

Abdel m’annonce que les musiciens de L’Ange vont venir pour jouer quelques chansons à lui. Avec plaisir. Je connais Gonzo (batteur) et Steph (basse) depuis longtemps. Je rencontrais Axelle (violon). Ils ont joué pendant ma pause. C’est bateau de dire ça, mais chaque fois que j’ai vu faire ça, les musiciens ou proches qui reprenaient le répertoire d’un artiste, ça m’a noué les tripes.

L’Ange Baptiste, je l’ai connu il y’a une vingtaine d’années. A l’époque, il s’appelait l’infâme JB. Chanteur de MJC. D’un côté persuadé d’être le centre du monde, et d’un autre côté fragile, petit, humble. Son personnage se construisait autour de ces paradoxes.

Quelques années plus tard, il deviendra l’Ange Baptiste. J’entendais ses productions chez des amis communs. Ca sonnait pas mal, l’Ange était un fils de Souchon que j’aurais bien entendu sur France Inter ou à la Coursive des Francos de La Rochelle.

On s’est parfois clashé lui et moi. Son attitude a vouloir disposer parfois, un peu comme si tout lui était dû pouvait me mettre hors de moi. Mais cette bouderie ne durait jamais longtemps. Nous partagions évidemment les mêmes idéaux. Nous étions serviteurs d’un autre monde. La tête dans les nuages, essayant de garder les pieds sur terre.

Certainement que l’Ange n’arrivait plus, ou arrivait de moins en moins, à les garder, les pieds sur terre. Nous parlions souvent les nuits sur Skype, du fait qu’on dort moyennement à ce moment là. J’essayais de lui donner des tuyaux pour se professionnaliser. Monter un spectacle, devenir intermittent du spectacle;

L’Ange aura été une dernière fois victimes de ses démons et ça m’emmerde bien, là. Oui, ça me fait bien chier de ne pas avoir un peu plus de rabe de temps avec lui. L’assister, moralement, médicalement, pour qu’il se recadre. Nous sommes un bon nombre à avoir précisément la même impression.

En fin de soirée, le public chantait les bords de la Moselle, accompagné par les musiciens de JB. Et l’Ange était là, parmi nous, encore une fois.

Adieu l’Ange.

 

2 Réponses à “L’Ange Baptiste”

  1. Bonjour je cherche à contacter Dany qui a connu Jean baptiste pigot


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