08 juillet 2017 ~ 1 Commentaire

Route 80, Amnéville 7/7/17

Peut-être une des explications de la crise, les Casinos sont remplis. Celui d’Amnéville, le Seven Casino, cartonne comme jamais. Se paye une soirée anniversaire (il me semble qu’il a désormais 10 ans) qui doit avoisiner les 50 000 euros. Au programme, concert d’une mini Star 80 avec Christian Fougeron (Raft), Sloane, Richard Sanderson, Phil Barney, Alain Llorca (Gold). Près de 1000 repas (paella et gâteau d’anniversaire) sont offerts au public.

Je suis venu voir mon pote Fougeron. Je l’ai vu une fois avec Pierre Schott (le groupe Raft donc) lors de la tournée Star 80 en 2007 aux arènes de Metz. Il me semble que c’était la première année. A l’époque, la Star 80 tournait avec des bandes orchestres. Désormais, il y’a un vrai groupe live qui lifte les orchestrations et le spectacle n’en n’est qu’enrichit. Christian était hostile au vrai live pour ce type de spectacle, persuadé que le public attendait la bande instru d’époque. Il se rendait compte de son erreur. Si les musiciens sont bons (et c’était précisément le cas hier soir) les chansons n’en sont que d’avantage sublimées.

Dans le film Star 80, il y’a une scène où les artistes se retrouvent autour d’un piano et délivrent des versions dépouillées de leurs grands succès. On se rend alors compte de la richesse intrinsèque des dites chansons. C’était la course aux tubes dans ces années où les 45 tours se vendaient 10 fois plus que les albums. Du coup, il s’agissait de compresser l’équivalent d’un livre, d’une dissertation dans un titre de 3’30 au tempo 120. L’heure n’était pas au numérique, beaucoup au Yamaha DX7 incontournable et à la réverbération douteuse dans la voix. Mais tout ça fait le charme et la griffe de notre adolescence, pour beaucoup d’entre nous.

Raft était sorti en 88 avec Yaka dansé, en pleine époque world Johnny Clegg. Ils venaient de Strasbourg et rappelait Cookie Dingler et son Femme libérée, quatre ans avant. Je connais Christian depuis une dizaine d’années. Les gars de Strasbourg n’ont pas fait carrière à proprement parlée mais « un tour sur Paris ». Après, Femme libérée et Yaké dansé permettent à Cookie Dingler et Christian Fougeron de vivre encore 30 ans après. C’est assez rare de vivre sur un titre, ça ne se produit plus en France dans les années 2000. Le 20ème siècle a connu ses privilégiés dans la Musique.

Christian est un mec bien, avant d’être un musicien. Ca lui donne un travers sain (je l’aime bien celle là, pour quelqu’un qui donne souvent l’impression d’être assez paresseux) du fait qu’il n’est pas un mercenaire qui ferait tout pour la caillasse. Il fait ce qu’il faut pour gagner sa vie et ça a son charme. On parle un peu musique avec Christian quand on se voit ou quand on s’appelle. Mais beaucoup politique, social, société. Son propos, sa préoccupation est d’avantage dans l’utilité de la musique, dans le message que dans l’envie de gratter ou service sa soupe et je l’aime pour ça.

Et j’aime pas mal les artistes années 80 que je croise ici ou là. Ils n’ont pas la carte, l’intelligencia ne les adoube certainement pas. Pourtant, humblement, ils sont les artistes de proximités, de villages qui oeuvrent à longueur d’années dans les fêtes de villes ou villages. Ils sont donc de véritables Stars, n’en déplaisent à ceux qui donnent des bonnes ou mauvaises notes.

Je venais regarder le set de Christian et, chance pour moi, c’était lui qui débutait la soirée. Un super set sublimé par le groupe Route 80. il aura donc chanté yaka dansé et Femmes du Congo de Raft, mais aussi La Bamba (1er du Top 50 quand eux étaient 2e avec Yaka) et Femme Libérée de son collègue et ami Cookie Dingler. On était bien en 2017 grâce à l’osmose présente entre Christian et le groupe Route 80.

Je suis artiste moi-même et je peux vous dire que le travail des ces musiciens de l’ombre est considérable. Les arrangements étaient astucieux et délicats, faussement simple. Un vrai kif de vivre et revivre ces chansons ainsi revisitées. J’ai rencontré Lydie Roger et Didier Escudero avant le spectacle, respectivement la choriste et le claviériste. Des gens simples et gentils comme j’aime savoir. Imaginez l’humilité de cette chanteuse, Lydie, qui sert un chanteur ou une chanteuse lead juste devant. Dans sa gestuelle, son phrasé subtile qui soutient sans se mettre en avant, c’est vraiment la grande classe. On devine dans sa maitrise du chant qu’elle déchire, que les quatre fauteuils se retourneraient dans les émissions à la con du samedi soir.

J’aime vivre des moments comme ceux là. Au moment où je vous écris, je suis devant le journal TV et l’instant est toujours compliqué tant les nouvelles n’y sont jamais bonnes. Mais merci à ces artistes qui réussissent à nous divertir quand ça semblerait impossible.

Une réponse à “Route 80, Amnéville 7/7/17”

  1. Christian Fougeron 11 juillet 2017 à 16 h 58 min

    Merci Dany pour cette belle et émouvante chronique du spectacle « Route 80″ vendredi soir au Seven Casino d’Amneville ! Très touché…


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