15 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

CharlElie Couture

Hier soir, j’aurais pu être à deux concerts, deux grands moments de vie. Murray Head à Freyming Merlebach ou CharlElie Couture aux NJP. J’étais ni à l’un ni à l’autre, je me cogne des journées de rue très usantes et fatigantes. Le soir, les courbatures, le mal-partout me font rester chez moi.

Souvent, j’ai vu CharlElie. J’aime être dans la salle, même si je l’ai fait mainte et mainte fois. Je vibre. Des mots que j’ai souvent entendu. Une moitié de la setliste semble désormais immuable. Je reconsidère ma vie, mon temps. Les chansons de CharlElie permettent ça. Il présente toujours une interprétation au couteau, à fleur de peau.

Qui sont les personnalités lorraines éminentes? Patricia Kaas, Houssine, Helmut Fritz, Cindy Sanders, Didier Gustin, Isabelle Nanty, Jean Pierre Genet (il me semble), Yves Simon (On m’a dit), Buzy, Virginie Despentes, Nadia Fares, Tom Novembre, Denis Robert et, bien sûr, CharlElie.

J’ai connu CharlElie au début des années 80. Le titre Local Rock que j’avais en 45 tours. (Pour les jeunes générations, un 45 tours était un format matériel pour assouvir son besoin d’écouter une chanson). Cette chanson me rendait dingue. D’abord, je l’entendais en radio. Il avait été invité de l’émission de Jacky « Platine 45″. J’avais vu l’émission le mercredi soir. Elle repassait le samedi matin. Je me rappelle courir, sorti du bus qui me ramenait du collège, pour arriver chez moi, allumer la télé, et me prendre Local Rock en pleine gueule. Je ne savais pas de quoi il en retournait, j’était tant pris par les vibrations de cette chanson. Je jouissais. Transporté. Un bouleversement dans ma tête. Une impression d’être ici et ailleurs. Une magie. Oh, merci, CharlElie, d’avoir accompli ce Local Rock. Un grand MERCI D’EXISTER , mon CharlElie !!!

. CharlElie est évidemment l’artiste régional le plus accompli, celui vers qui on va spontanément. Je lui écris depuis une vingtaine d’années, pour lui demander ses avis, impressions, conseils, éclairages. Souvent, il me répond une longue lettre, généreuse. CharlElie est ouvert puisque VRAI. Il n’y'a pas de pied d’estale, de décalage. CharlElie est humble, artisan. Je le vois comme un méridien. Comme si au dessus de lui était le show business, en dessous de lui les artistes de l’ombre. Et lui, ne tranchant jamais, restant sur un fil, observateur, acteur, contemplactif, et surtout LIBRE.

Je ne suis pas sensible à tous les albums du chanteur CharlElie. La plupart me bouleversent. Les autres ne me font rien du tout, ils passent et j’attends le suivant. Il se trouve être des rares qui ne se posent pas. Il cherche, indéfinissable. La recette américaine est de trouver une franchise qu’on ne lâche plus dés lors qu’elle marche. CharlElie emmerde ce procédé et s’évertue à oeuvrer toujours ailleurs. Artiste multiste. Il est certainement un vertige agréable, devant tant de choses conformes, confortables (ou pas). Les albums de CharlElie me font l’effet des touches de piano, se suivent des touches blanches et des touches noires. Il y’a quand même davantage de touches blanches. J’adore Victoria Spirit, Solo Girl, New Yorcoeur. J’aime moins les Naives ou Double Vue. Qu’importe, certainement que des auditeurs pensent l’exact contraire, on voit ça en fonction de ce qu’on vit.

CharlElie notre artiste lorrain, soit. Pourtant je ne l’ai jamais considéré comme notre représentant. Ce qu’il produit n’a rien à voir avec notre région. Il a peut-être le déterminisme des artistes du Grand Est, là où il n’y'a pas de chapelles et où on se fait tout seul. Comme Thiéfaine, Ange, Higelin ou Bashung. Lavilliers aussi a souvent sévit dans la cité des Anges.

CharlElie démontre sans le dire qu’Artiste, c’est être unique, atypique. La « réussite » étant dans l’affirmation de ce qu’on est plus que dans le cumul des prix, récompenses, rayonnements, diffusions, rentabilité….

CharlElie, je ne sais pourquoi, mais vois tu, quand je perds pied, quand je fonds, quand je commence à me perdre, il y’a toujours toi qui me rappelle. J’ai des hésitations, sur la grammaire qui n’est pas mon fort, je ne sais si je dis bien les choses et je pourrais en envoyer encore des kilomètres. J’ai avec un grand plaisir découvert sur la page France3 Lorraine ce concert Lafayette des NJP de hier soir et je flottais ainsi, alors que comme souvent et beaucoup je tombe dans une spirale du doute, du temps qui me passe dessus et ne m’épargne pas. Ton agressivité sur cette guitare, ce jeu si roots. La volupté de Karim, Hendrixien mélodiste, puis quand tu passes au piano tu sais devenir ou classique ou cerf volant.

Encore et Encore, Merci d’exister, CharlElie.

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