05 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

Deuxième soir au Gueulard

Hier matin, Thierry Cordier, qui était venu me voir au Gueulard vendredi soir, écrivait sur son mur : « Le plus grand chanteurs de rue du Grand Est et peut être même de France, Daniel Hesse, plus connu sous le prénom de Dany, se met au show sur la scène Le Gueulard de Nilvange. J’ai assisté à la première hier soir avec beaucoup de plaisir. Seul en scène avec sa guitare, le Dany nous plonge dans son univers à travers ses histoires, tranches de vie spontanée écrites avec sincérité en réaction à la réalité du quotidien, parfois avec le regard de l’enfant qu’il reste un peu au fond de lui. Et le show est total avec ses anecdotes, émouvant, prenant… attachant Dany.
Deux soirs encore pour le découvrir autrement que dans la rue, dans ce café concert mythique et unique de la Fensh Vallée. »

J’investis pour la 4e fois le Gueulard café historique, 14 rue Clémenceau à Nilvange. La première fois, un vendredi soir il y’a deux ans. Mauro me connaissait de nom, éventuellement de réputation. Je dis toujours qu’il y’a trois lieux mythiques en Lorraine : le caveau des Trinitaires, Chez Paulette et Le Gueulard. Je proposais à Mauro un week end complet Dany Des Rues se met au show l’année suivant, il me disait ok.

Pourquoi le Gueulard? On voudrait vivre au Gueulard. On voudrait jouer un spectacle tous les soirs, au Gueulard. Aucune pression et ce fantasme que j’ai souvent de retrouver, d’être au coeur de la vrai vie dans notre expression artistique. La course, l’enchère conduit l’artiste au maniérisme, au sophisme, au plan frime, fashion, faux-intello, faux-poète, faux-littéraire, toujours bobo ou populo, grossier ou vulgaire, faux-classique, esbroufe… Sur la scène du Gueulard, l’artiste peut se chercher se trouver, nous trouver, nous rencontrer pendant les 1h30 de son spectacle.

L’histoire personnelle de Mauro et celle du Gueulard font ça. Je vois un spectacle au Gueulard, j’y vais souvent en spectateur, comme j’écoute un disque de CharlElie ou Higelin. Je suis souvent sûr d’être dérangé, ébranlé. Parce que si l’artiste est dans une autre démarche dans les endroits où il se produit d’habitude, là où il a un deal avec son employeur, un cahier des charges où il se formate parce qu’il cachetonne ou est dans la course que les maillons lui imposent, là, au  Gueulard, il connait un temps mort, un micro climat où il se présente enfin.

On est bien au Gueulard, mais on peine à faire venir le public. Je réfléchis souvent avec Mauro à des astuces pour faire venir du monde; partenariat avec des CE, collectivités, réseaux… en me rendant compte que les démarches dans ce sens, sans être sûr de marcher, pourraient faire perdre l’âme pure si chère, si essentielle à l’esprit même du Gueulard.

Messieurs Dames, je ne peux que vous recommander d’aller voir les spectacles au Gueulard. Ce lieu joue à David et Goliath avec des géants qui ne rigolent pas. Dans quelques années, on voudra que le spectacle alternatif se joue dans les Wave ou Muse. Et ils feront au spectacle ce qu’ils sont en train de faire au cinéma.

L’enjeu est européen et mondial. On est au bord de la bombe. Si l’Europe est parfois pathos, elle sait être grande aussi. Et nous devons le montrer désormais pour l’environnement, la survie de l’Humanité, de la Planète.

Hier soir, je jouais moi, donc. Evoquant mes 29 années de Dany Des Rues, survolant mes 23 albums en causant, racontant au public. Des gens qui ne m’ont jamais vu sont venus. L’assistance est toujours confidentielle mais on est bien, comme si on se disait un secret. Sauf qu’on n’a pas envie ou plus envie de garder ça pour nous. On a envie de partager tout ça au Monde. Viviane, me demandait la veille sur messanger La Chanson Des Games pour sa soeur qui viendrait le lendemain. Nadine me demandait J’Ai Grandi En Rêvant. Je me suis preté de bonne grâce à ces requettes. Comme je chante trois jours, je ne joue pas les mêmes titres. Chaque soir est un spectacle différent. En même temps, j’ai 280 chansons donc j’ai un peu le choix. Je m’impose de chanter un titre de chaque album. Si un spectateur m’a acheté un album il y’a 10 ou 20 ans, il est bon qu’il ait ne serait-ce qu’une chanson qu’il reconnait dans mon spectacle puisque pour lui, je suis l’album qu’il a acheté. Il s’agit qu’à un moment du spectacle, il soit familier avec ce qui l’aura peut-être invité à venir me voir.

Je vis toujours l’espoir au Gueulard. Je suis heureux. Je trouve ce que j’ai toujours cherché. Et j’aimerais pouvoir dire à la fin de ma vie, ma vie a été Le Gueulard. Mais vous savez, c’est un combat. Quand un artiste écrit une belle chanson, il peut l’enegistrer, la présenter à un auditoire confidentiel qui lui dit, enchanté : « elle est géniale, ta chanson, elle va marcher, c’est sûr! ». Oui ben non, ça n’est pas sûr. On peut savoir quand on entend Foule Sentimentale la première fois que ça va être un tube de toute une décénie, mais à ce moment là, Souchon a déjà une longue histoire et on travaille sans grande surprise. Mais il y’a peut-être à côté, une dizaine de chansons tout aussi pertinente d’artistes au rayonnement plus short qui voient leur chanson ranger dans un répertoire, sans avoir séduit un public important. Et notre Gueulard, sans un évênement, un déclic providentiel, n’a pas de raison de connaître mieux que ce qu’il connait en ce moment, une petite et douce vitesse de croisière.

Le destin du Gueulard est entre nos mains, pensez-y. J’y joue tout à l’heure, à 18. (Bon là, c’est juste mon destin à moi)

PS: Je n’ai pas de photos de moi sur scène à te proposer donc j’illustre par un moment de vie, Viviane et Emma, les soeurs Touch.

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