24 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

Au revoir là-haut

Dupontel (me) dérange. Un peu comme Kassovitz. Ils sont artistes, ne sont pas forcément pop. Et ça déstabilise, le monde culturel étant souvent régit par la pop. On a l’impression que ces gars sont barrés, difficiles à suivre, déroutants. Et on n’aime surtout pas tout ce qu’ils produisent, ils donnent l’impression de carrières en dent de scie sur le plan strictement qualitatif. On ne leur en voudrait pas si c’était plus simplement au niveau du rayonnement. C’est plus compliqué.. Je ne cerne pas Dupontel et Kasso. Donc ils m’énervent.

Et ceci bien conscient d’être loin d’un jugement de valeur. Ils démontrent que l’artiste n’est ni bon ni mauvais : il EST. L’Art étant un produit de consommation, il est prévisible que chacun  y aille de sa bonne ou mauvaise note. Mais l’affaire se passe ailleurs, et un artiste ne s’apprivoise pas.

Je ne serais pas allé voir spontanément le dernier Dupontel  Au revoir là-haut. C’est une amie qui était dithyrambique sur le propos, j’ai donc risqué. Et j’ai grave kiffé.

Pitch: On est à la guerre de 1918. Albert (Dupontel) tombe dans un trou, s’évanouit et du sable semble ensevelir le tout. Il est sauvé par Edouard qui le sort du trou. Sauf qu’en le sauvant, Edouard va être victime d’un éclat d’obus qui le dévisagera. Il demande à Albert de dire à sa famille qu’il est mort. Edouard passera le reste de sa vie masqué.

Longtemps que je ne me suis pas pris un aussi bon film dans la gueule. Un peu comme quand Tarantino vient nous voir avec un western, Dupontel lorgne entre Les Misérables et Les Liaisons Dangereuses. Les couleurs sont belles, le rythme classique et fort, les acteurs tous impeccables.

Dupontel porte son film à merveille, il est Acteur. Chaque plan clignement d’oeil, rire ou pleur est droit, précis. L’émotion percute toujours.

Laurent Lafitte campe le méchant du film. Un méchant dont on n’a plus l’habitude dans le néo cinéma. Un Thénardier qu’on veut voir crever. Le goujat qui évoque son mariage de raison « (elle est) moche de face mais belle de dote ».

Emilie Dequenne, la femme de Lafitte dans le film. Impossible pour moi de la voir moche. Et je me rends compte que pour elle aussi, je n’ai jamais vu de mauvais film avec elle. Elle sait toujours servir le propos, s’impose depuis des années si discrètement. Elle ne mange pas la place, tout est dans son jeu.

Mélanie Thierry joue la bonne. Un petit rôle qui vient sucrer le film. Par toute son humanité et sa générosité, le personnage de Pauline permet à celui dont la vie semble être une grosse saloperie de connaitre peut-être le réconfort.

Niels Arestrup est fidèle à lui-même. Posé, cynique, émouvant. Aussi, une immense carrière s’écrit l’air de rien.

Si vous avez l’occase ce week-end et s’il est encore programmé par chez vous, n’hésitez pas. Courrez à Au revoir là-haut.

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