04 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

Bob Dylan – Good as I been to you (1992)

En voiture, en ce moment, Good as I been to you de Bob Dylan. Un album de 1992 où le Zim revisite des chansons traditionnelles.

Bob Dylan est un des plus grands (même le plus grand pour beaucoup) des auteurs contemporains. Un des artistes le plus repris (sinon LE plus repris) de la planète. Une écriture qui joue, qui s’évade. Un rêve, une pensée ailleurs, singulière. Des mots, toujours coulants. Des mélodies généreuses, faussement simples.

Si Dylan est un des plus grands auteurs, le Brassens américain, on ne le salue pas forcément comme interprète. Souvent, ses chansons ont été transcendées lors de reprises. Quand Hendrix reprenait ses chansons, Dylan les voyait sublimées au point qu’il se demandait si la chanson était de lui. On ne compte plus les reprises géniales de Guns and Roses, Joan Baez (sa meilleure ambassadrice), Les Stones ou U2 pour les plus prestigieux. En France, Hugues Aufray s’y colle depuis 50 ans et Cabrel a essayé un truc, trop sirupeux pour retenir l’attention.

C’est que Bob Dylan est un lutin. Un busker qui nage à contre courant. On lui a d’ailleurs lourdement reproché l’électricité. Mon avis est que ce mec qui arrivait avec des chansons dépouillées, guitare / voix / harmonica, aura donné des idées à tous les groupes de blues rock de s’y aller à arranger tout ça. Le mode servez-vous aura permis à ses chansons noires et blanches de passer à la couleur. Et ainsi d’être animées, en relief.

Bob Dylan ne fait pas d’effort de performeur. Il exécute ses chansons aux kilomètres tel un busker qui se produit dans des salles. Je dois vous avouer que depuis une quinzaine d’années, ses concerts sont plutôt médiocres, comparables à ceux de Renaud. Il est au piano, ne regarde pas le public mais son groupe. Ne joue que des Faces B, les massacre. En rappel, il envoie deux golds genre all along, blowin ou Rolling Stones. Mais son never ending tour n’a rien de vibrant, juste gênant.

Pourtant, alors que Dylan n’a rien d’un interprète de prestige, je suis envouté par Good as I been to you. La voix est posée, généreuse. La guitare brillante. Comme du picking au médiator. Dylan chorusse et rythmique en même temps. Les chansons sont une restitution de ce que la Fée Clochette lui aura soufflé à l’oreille. Lui, lutin folk, nous offre tout ça, avec un clin d’oeil, et ce demi sourire qu’il nous adresse, timide, en retrait pour toujours penser librement sans se mélanger à la troupe.

On peut aimer les Lou Reed, Johnny Cash, Ben Harper, Ed Sheran, Neil Young, Simon&Garfunkel, Vianney, Rabbie Shankar, Tracey Chapmann, Suzanne Véga, Bruce Springsteen, Donovan ou Beck. Sauf que tout en haut de cette pyramide, il est évident que Dylan trône hors concours. Il n’a rien demandé.

Dylan est seul mais nous ne le sommes jamais quand on le vit.

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez-vous poster un commentaire.

IKIWABI |
Terre & bois |
Fightingmarcel2 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Tobereborn
| Gaenerys
| Ecole Auvergne Formation Art