29 mars 2018 ~ 0 Commentaire

Velvet Underground, Olympia 1993

J’ai connu le Velvet Underground dans le film Doors d’Oliver Stone. Ce film, qui narrait la vie de Jim Morrison comme on s’en doute, voyait le chanteur des Doors dans une soirée avec Warhol dans sa célèbre Factory. Le Velvet Underground y donnait un concert, Jim a une explication sexuelle avec Nico, la choriste du Velvet, dans un ascenseur et quand la porte s’ouvre, on voit une Nico à genoux, tentant de donner du plaisir à un Morrison beaucoup trop défoncé pour apprécier.

J’avais 22 ans. C’était l’été 92 et je passais mon été à me chercher des Nico instantanées. J’écoutais les Doors et le Velvet Underground, que je venais de découvrir grâce au film de Oliver Stone. Je savais que je ne pourrais pas revoir les Doors. Contre toute attente, j’allais voir en 2007 Manzarek et Krieger, respectivement clavier et guitariste des Doors, reprendre l’intégralité de l’album LA Women à la Rockhal de Esch sur Alzette.

Pour le Velvet Undeground, il y’avait une lueur d’espoir improbable de reformation. Le groupe n’avait pas donné de nouvelles depuis 20 ans et Lou Reed avait beaucoup plus de succès en solo que son groupe de jeunesse. Il n’avait aucun intérêt à réveiller la bête. Il se trouve que 3 ans avant, Lou Reed avait retrouvé son complice du Velvet John Cale pour un album concept en hommage à Andy Warhol Songs for Drella. L’album est simplement chefdoeuvresque, Cale Piano et violon sert un Lou Reed narratif et télécasterien mystique et divin. lou sait trouver sur 3 accords une rythmique riffée comme personne et, dés qu’il part en solo, il est simplement inouÏ. Je me souviens d’un film américain où deux adolescents se rendent dans un studio d’enregistrement. On entend une guitare électrique et je reconnais Lou Reed, vraiment unique au monde. Un autre Keith Richards par la brillance des rythmiques pop. Mais Lou, c’est aussi, encore et surtout un poète glauque, sulfureux et évidemment politiquement incorrect (label nécessaire dun poète désormais). Le sombre New York, capitale du monde, raconté comme personne par Lou Reed dans ces quelques 40 ou 50 ans de carrière.

Le Velvet Underground s’est bel est bien reformé fin 2002 pour une série de concert. la reformation n’était pas de ouf, pas de Zénth mais plutôt un ou deux Olympia par capitale des pays qu’ils allaient visiter. C’est que le Velvet Underground est bel et bien un groupe underground, Libé et Télérama, et concerne un public plus pointu que généraliste. Une source, une souche, une explication à tant de groupes et mouvements musicaux qui auront suivi.

J’apprenais que le Velvet serait en première partie de U2 sur une dizaine de dates de sa tournée européenne ZOO TV. Je me réjouissais de les voir. Il se trouve que je bossais comme roadie sur ce concert.

Et grande surprise, grande claque le jour du concert. Dans le même esprit que quand je voyais Pixies en 2004, rien n’avait filtré. On se prenait le Velvet devant nous sans avoir été briffé par des images qui auraient fuité. La surprise, découverte était entière. Et je prenais une vraie baffe à voir ces 3 mecs et cette nana reprendre les chansons qu’ils avaient écrites à 20 ans. Désormais cinquantenaires, ils avaient appris à vraiment jouer et étaient singuliers, premiers, comme chacun reverait de se trouver. Des gens arrivés à maturité dans la vie qui rappelaient la naïveté de leur jeunesse, en rappelant combien la leur avait été une pointe déterminante pour tant.

Pour l’anecdote, il était bizarre de voir après le concert Le Velvet Undegrnourd passer parmi nous les roadies et repartir dans un J9, tout juste s’ils ne le conduisaient pas eux-même. A la fin de leur concert, les 200 techniciens de U2 allaient constituer une allée pour que le groupe en peignoirs rejoignaient 4 Limousines qui les attendaient avec 4 gardes du corps à l’intérieur. Les Limousine étaient entourées d’un essein d’abeilles de flics motards  qui les escorteraient pour que 15mn après ils soient à l’hotel ou à l’aéroport. Ca donnait l’impression d’un cortège de chef d’Etat. C’était plutôt cynique quand on pense aux conditions que connaissaient Le Velvet Undeground. Ils avaient comme les Doors été une véitable source d’inspiration pour U2, pourtant on ne peut pas dire qu’ils en ont été économiquement remercié, même si les U2 le reconnaissaient quand même en accueillant le Velvet en ouverture de ce concert.

Il reste un document de cette tournée, l’Olympia 93. Je l’écoute en ce moment même. John Cale chante Waiting for the man à l’instant où j’écris. Il l’a toujours reprise dans ses concerts persos, il pouvait la chanter pour cette reformation.

Document historique. Live MCMXCIII

https://www.youtube.com/watch?v=C_ExmXKFgMI

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