04 avril 2018 ~ 1 Commentaire

la mélodie de Jean Louis Foulquier

Ce qui est bien à la piscine, c’est que quand un torrent de larmes vous envahit, ça passe inaperçu. Il est immédiatement noyé, mélangé dans l’eau de ce grand bain. Et tout à l’heure, dans la piscine, je positivais alors, me vidéo projetant les belles images de ma vie sur le plafond, blanc et libre.

Aujourd’hui, j’ai pensé à Jean-Louis Foulquier. Un rêve éveillé. Adolescent, je voyais des rétros des Francos de La Rochelle sur France 3. J’en rêvais. Il y’avait l’infini, l’accessible. Les paysages à tomber, la beauté simple et si douce qu’on ne voudrait pas l’importuner. Pourtant, pendant 5 jours, tous les ans, Jean Louis y présentait un festival. Enfin non, LE festival. Le plus beau, le plus grand, le plus généreux, humain et émouvant.

Les Francofolies de La Rochelle, c’est Jean Louis Foulquier. Ca a été son fantasme, c’est devenu réalité. Les deux composantes qu’il fallait réunir, c’était d’un côté la magnifique ville de La Rochelle, de l’autre la Chanson Française. Mais pas vaguement la Chanson française. Celle dans toute sa grandeur et son entièreté. A 360 degré. D’un côté, les mastodontes du Show biz, Goldman, Renaud, Cabrel, Souchon, Higelin, Lavilliers, Thiéfaine, Sanson…. tous en sont. De l’autre côté, les groupes et chanteurs de rue pour le plaisir des badauds dans les rues de La Rochelle.

Tous ces chanteurs qui auront été grand public l’espace d’une année; Karim Kacel, Romain Didier, Gérard Blanchard, Gérard Berliner… étaient des artistes qui poursuivaient leurs carrières, loin des grands projecteurs. Hé ben tous les 10 ans, on allait les revoir aux Francofolies de La Rochelle. Histoire que les amoureux de Chansons soient au fait de leur évolution.

J’ai souvent joué dans les rues des Francofolies. Une dizaine de fois à la Rochelle et une vingtaine de fois à Spa. L’esprit Jean Louis Foulquier est bel et bien dans ces deux festivals. Peut être pas pour les mêmes raisons. Si à La Rochelle, il y’a cet esprit, ce pont entre tous les artistes, à Spa il est là autant du fait que les belges sont naturellement partageurs et solidaires, mais aussi parce que mine de rien, une vedette en Belgique vend 20 000 disques (c’est peanuts en France) et ça les situe quand même bien prêt des artistes modestes, qui vendraient 2000 disques.

A La Rochelle, on y va pour la beauté de la ville et à Spa pour la beauté des gens. C’est une caricature, j’imagine qu’il y’a des gens désagréables à Spa (je ne les ai pas rencontrés mais statistiquement ça doit exister).

Je croisais Jean Louis lorsque je jouais dans les rues, devant la Coursive à La Rochelle ou devant le casino à Spa. Toujours, il me saluait. Avait un gentil mot, très respectueux.

C’est à Spa que j’ai été programmé, par deux fois en 2001 et 2016, dans la programmation officielle. Je me souviens de ce jour de l’édition 2000 où je me présentais à Charles Gardier, le directeur des Francos de Spa. Il me disait « Je vois très bien qui tu es. Je programme essentiellement des belges dans les découvertes mais je ne vais pas être ermétique éternellement à tout le bien qu’on me dit de toi et ton obstination va payer ». Certainement la plus belle phrase que j’aurai entendu dans ma vie de chanteur de rue. Il a tenu parole et m’aura programmé l’année suivante, donc.

J’ai tant d’anecdotes dingues et euphoriques avec certains musiciens ou chanteur lors des Francos de La Rochelle, Catherine Ringer qui sort de son soutif un billet de 20 balles pour payer le disque que je tente de lui offrir, Jean-Louis Aubert qui m’envoie les caméras de France 4 pour l’émission Louise Attaque les festivals…. 

J’y suis comme dans un salon. Je passe mon temps à aller voir les concerts (on me donne souvent des invites, toujours à Spa et souvent à La Rochelle) jouer dans les rues donc et aussi aller boire des coups avec les professionnels du spectacle, et ainsi apprendre tellement sur comment évoluer.

Il y’a une voix, chaude et généreuse que j’entends quand je vous écris. Belle comme une chanson de Brassens. C’est celle de ce compagnon de nuit à la radio, ce type si solaire, mélencolique, poète. Désormais il n’est plus là et disons que les Francofolies ont beaucoup perdu de cette essence. C’est aussi parce que le métier se durcit, comme l’ambiance au comptoir des cafés.

 

 

Une réponse à “la mélodie de Jean Louis Foulquier”

  1. j’adorai le type la classe de ne pas se fourvoir dans les soupes nauséabondes de la variété française. Avec lui essentiellement sur  » pollen les copains d’abords » j’ai découvert un dieu : LEPREST et aussi Jehan, dikès et bien d’autre quand jacques higelin et brigitte fontaine faisaient des interview croisées c’était le feu ! j’ai aussi découvert  » Les hurleurs  » mano solo était souvent l’invité bref un sillon à défraichir et à s’enivrer de son aura ! c’était ça jean louis-foulquier je ne l’ai jamais croisé mais il a tout mon respect alors oui quand je passais à la rochelle je voulais voir jean-louis lui dire tout le bonheur que me faisaient ses émissions de radio.


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