21 mai 2018 ~ 0 Commentaire

Denis Jaro, site de Perotin

Au début des années 90, j’ai connu le Velvet Underground. 91 il me semble, à l’occasion du film des Doors. Ce groupe était un pilier, un mur fondateur comme l’était les Beatles et les Stones. Sauf que le Velvet, il est toujours à nous. Le grand public ne se l’est jamais approprié. Le Velvet est une réaction aux Beatles et aux Stones. Aux mélodies des Beatles, à l’énergie des Stones. Le Velvet est juste moins mainsteam puisqu’il se veut underground.

Beaucoup de groupes découlent du Velvet Underground, de U2 à Kat Onoma. A Metz, nous avions les MAD. Traduisez Music Against Depression. Un Trio on ne peut plus singulier. A la batterie, Christian Antoine jouait debout. Sans grosse caisse ni Charley, il tapait sur un fut et une caisse claire, avait deux cymbales à côté…. Au saxo, Daniel Rousseau qui délirait, magnifiant les mots, le chant par des arrangements différents à chaque concert. Au chant Denis Jaro. Incontestablement le Lou Reed lorrain comme Rodolphe Burger est certainement le Lou Reed alsacien. A savoir cette voix basse, narrative, grave pour exprimer des textes souvent sur le fil du rasoir, à couper au couteau. La poésie qui se met en danger. 

J’étais content d’avoir à Metz mon Velvet qui m’enchantait dans les cafés concerts pendant ces années-là. Ce groupe était la chose à vivre dans le Metz fin de siècle et fin de millénaire. Le strict bohème. Romantique. Juste pour toi quand tu le vois. C’est une conversation. Tu en es où dans ta vie? Les Up? Les Down? Mad n’aura pas la solution mais te proposait de passer un moment, probablement un bon moment. Ils avaient bien compris combien cette vie est violente, dure. Tranchant de portes dans la gueule trop souvent et si souvent.

J’ai eu plaisir d’apprendre que MAD s’était fait aspirer par le théâtre. Les Troyennes au TPL de Thionville, mise en scène et interprété par Stephanie Loïc. MAD était la bande son. La partie instrumentale et live. J’allais voir ce spectacle et je les reconnaissais. Je retrouvais mes petits.Aussi toujours content de voir des camarades artistes avoir du boulot, notre métier est si compliqué. 

Je suis allé voir aujourd’hui Denis Jaro sur le site du Pérotin à Moyeuvre Petite. Le lieu est bien sympathique. Je reconnais quasi tout le monde que je connais de vue ou de rue. Des tronches que je n’ai parfois pas vu depuis 20 ans. L’ambiance est ouvrante, rassurante. Les fêtes de dimanche après midi que j’aime savoir, que je viens respirer comme une bouffée d’air indispensable.

Denis joue des titres à la demande. Il propose des chansons sur des petits cartons. Des Stones à Bowie en passant par Dutronc et bien sûr le Velvet. En fait on s’en fout des titres que Denis reprend. On sait que son interprétation va transcender l’original. Denis balance une bande, chante et joue dessus.

Denis, baladin bucolique. Social, généreux. Engagé, alerte et précisément dans l’éternelle jeunesse.

Merci d’exister, Denis.

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