31 mai 2018 ~ 0 Commentaire

Adieu Corrado

Coup sur coup ce soir, j’apprends la disparition de deux amis belges, que j’avais l’habitude de croiser aux Francofolies de Spa. D’abord, Jean-Marie de Brauwer. Il était, avec sa compagne Loreta, deux photographes amateurs, qui vivaient tant et si bien leur Art que tout se retrouvait dans leur travail. La sensibilité, la générosité, l’humanisme. On écoutait les images, comme ils aimaient dire.

Ensuite, Corrado Falciglia, dit Coke. Si mes calculs sont justes, Coke a 53 ans (toujours 5 ans de plus que moi). On s’est rencontrés en nonante. Nous entrions au CMCN, le Centre Musical et Créatif de Nancy. Coke était fan de Pink Floyd et plus précisément de David Gilmour. Il les a vus tout plein de fois en concerts, les a suivis et poursuivis. 

Nous étions dans une école où le déballage technique était un peu la toute première valeur. Nous étions quelques uns à vivre autre chose. Nous étions des poètes habités par un autre dessin, une autre route. Un message plus humaniste, une route qu’on voulait proposer aux gens.

Pour ceux d’entre vous qui connaissent mes disques, j’ai écrit mon album concept Les Archy à cette époque. Je me rappelle que Coke avait présenté un spectacle de fin d’années complètement délirant, un concept flower power avec sa bande du CMCN, ses potes qui lui faisaient confiance dans sa création et pouvait ainsi le suivre dans ses délires. J’étais tout ému en cette fin juin de découvrir le spectacle que Coke avait mis en place. Ses bras étaient ouverts au monde. J’avais 20 ans, il en avait 25. Nous étions vraiment artistiquement dans un délire assez commun.

Nous nous sommes perdus de vues après le CMCN. Retrouvés grâce à Facebook. Nous apprenions en papotant sur le tchat que nous étions tous les deux chaque année aux Francofolies de Spa. Sauf que comme on ne s’était pas vus pendant 20 ans, c’était pas évident de se reconnaître; j’ai pris 20kg et lui avait perdu sa tignasse de hippies que je lui connaissais, le millénaire précédent.

Ainsi, chaque année, on allait se boire un coup et on refaisait le monde. Corrado bossait à la RTBF, la radio télé belge. Je jouais dans la rue des Francofolies, il m’apportait une bouteille d’eau quand les chaleurs étaient insoutenables. Et c’est bien là toute la générosité de Coke. Cette attention, le gars qui va rendre heureux ou bienheureux l’instant par ses gestes si courtois.

J’ai mal au coeur cette nuit. Corrado était si ouvert, si bienveillant, idéaliste. Il était véritablement un frère idéologique. Nous regardions dans la même direction. Je vous joints une photo du Corrado que j’ai connu. Le poète rare qui émet une oeuvre qu’il estime bien plus importante que lui-même.

Je ne te l’ai jamais dit mon Coke parce qu’on ne se dit pas ces choses-là. On se croit éternels. Enfin, ce qui restera, éternellement, c’est cette image d’ange.

Merci Corrado.

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