10 juin 2018 ~ 0 Commentaire

Catherine Ringer à Algrange

Deuxième et dernier jour du Algrange Music Live et je me rends compte que la programmation est toujours éclectique. Il y’aurait de nos jours trois mouvances, le Hip hop, le rock péchu et la variété. Cette fois ci, on avait du rock dur et de la chanson. Mais je me souviens d’avoir vu du rap à Algrange lors des précédentes éditions.

J’ai un peu le blues au moment d’arriver. Il pleut. J’ai peur que ça gache la fête. Une fille du catering me dit que ça va être ça toute la soirée, contrairement à hier où la pluie était de 18 à 19 mais plus du tout ensuite.

Je vois les groupes premiers passer chacun pour un set de 30mn. Il y’a deux ex Greenwich Caverne (le gratteux chanteur et le batteur). Il présente une chanson française proche de Brel ou des Têtes Raides. C’est vraiment bien mais ces deux là faisaient partis de Greewich Cavern quand c’était bien ( Ce groupe fait parti des quelques uns pas de ouf au départ qui font un bon rapide qualitativement).

Ensuite, le Greenwish Cavern manquant avec son nouveau groupe: Eric Revel. Il me semble qu’il est directeur honorifique du Galaxie d’Amnéville (c’est sa femme la directrice en fait) et ça doit grave faciliter les choses pour placer son groupe, un peu comme Jean-Serge Kuhn doit avoir des facilité à vendre le groupe de ses fils Rédemption du fait qu’il est organisateur de concerts en Lorraine. Ceci dit, passées ces considérations d’éventuels « passes droits », faut reconnaître qu’ils proposent des sets bien foutus. Le fait de pouvoir zoner facilement à droite à gauche sur toutes sortes de scènes, en festivals ou café concerts, ben ça lui permet de comprendre la subtilité, là où la quasi totalité des groupes tombent dans le convenu et le convenable. Eric Revel est un bon bassiste et sa présence franche, mélodique, basse évidente comme chez les Punks,  lui permet d’évoluer toujours dans des power trio gratte / basse / batterie. Désormais il est dans un groupe de chanson italienne pop.

Je le croise dans les backstages et il me claque la bise. C’était comme une forme de reconnaissance pour moi. Je joue devant les files d’attentes du Galaxie depuis presque 20 ans. Et je n’ai jamais su comment la direction appréciait ma démarche. Si ça les avait fait chier, ils m’auraient fait virer depuis longtemps. Mais je n’y suis pas adoubé pour autant. Hé ben ce soir, j’avais un peu l’impression que si, et ça m’a fait un kif.

Je rencontre sa femme Carole un peu après. Je papote du Galaxie avec elle. D’histoires et anecdotes de notre Galaxie depuis les débuts. Et elle m’éclaire sur les légendes que j’avais entendu. Précise et directe dans le récit. C’est un truc dont on causait justement la veille avec Jean-Serge Kuhn (producteur des deux spectacles Algrange Music Live). On rencontre souvent des petits artistes, petits organisateurs ou gérants de salles qui se la racontent et sont ambigus dans leur propos. Mais quand on rencontre des tauliers,  ceux qui sont tout en haut, les choses sont souvent évidentes et claires.

Dans un autre registre, je suis allé voir à 16h Jean Claude Camus au Cultura du Wave d’Augny. Il présentait son livre interviewé par Jean-Marie Vannesson de la radio RPL. Forcément que celui qui a été le producteur de Johnny Hallyday est un businessman hors pair. Sauf que chacune des anecdotes qu’il racontait cet après midi était remplie d’humanité et nous démontre qui si c’est clair qu’on est pas là que pour mégoter et tant qu’à faire caillasser, il n’empêche que toutes ses histoires et affaires fonctionnent avec un « top là » où on se regarde dans les yeux et où on fait marcher une collaboration bien mieux qu’avec de fastidieux contrats.

En début de soirée, je pronostique 1000 personnes au vu de la pluie et ça me désole. Je sais que l’Algrange Music Live, c’est trois mois de boulot pour l’équipe qui organise. Et si le festival fait un flop, ils ne sont pas vraiment récompensés de leurs efforts. Pourtant, la soirée évolue de mieux en mieux. Le monde arrive et la pluie nous laisse tranquille pendant le concert de Catherine Ringer.

C’est la troisième fois en deux ans que je vois cette tournée. Dame Catherine est une déesse, une diva. Elle arrive et n’a pas d’age. Elle danse, claque le rythme. Sa voix de cantatrice rock, pleurante, nous aspirant dans ses bras. On t’aime Catherine. Quelle grace quand elle nous chante Le petit train. Quand on sait qu’il s’agit du train qui emmenait des juifs dans les camps de concentration en 39/45, on trouve incroyable ce parti prix de la musique joviale et festive. Sa note est si perchée, comme si elle chiait à la gueule des nazis « vous n’aurez pas ma peine, vous n’aurez pas ma haine ».

Elle évoque largement son dernier album qui conte si joliment le temps qui passe. La mélancolie emplie de tendresse, qui offre comme un petit souffle sur une joue assoupie. Catherine célèbre la vie. Je l’ai rencontrée quelque fois et toujours, elle était si offrante et généreuse. Le concert finit par Andy qui n’est pas ma préférée de Rita Mitsouko mais fait évidemment le job de chanson de fin, par ses breaks, ses attaques de claviers au son électronisé, le tout sur un groove claquant.

Un putain de moment de rock and roll ce soir, je t’aime tant Catherine.

Un grand merci à mes amis de la mairie d’Algrange, Patrick Peron (le maire) et Antoine Fosso (responsable culturel de la ville). C’est chaque année un régal, Algrange Music Live.

Longue vie à cette équipe.

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