15 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

Dom Colmé – Dans les cordes (2018)

CD

30 ans de carrière pour lui aussi. Ce Dom Colmé que j’ai connu chanteur du groupe Salomé. Dans ces années là, le groupe de punk rock PKRK produisait son premier 33 tours Poussez fort, l’un d’eux allait fonder le groupe de Ska  Skaferlatine, MAD (Music against dépression) était tout autant underground que Velvet. J’étais pour ma part le chanteur des rues de Metz.

Pour tout vous dire, Salomé, c’était vraiment pas de ouf. De la soul plus proche des Commitments que d’Otis Redding. Un esprit communautaire où deux groupes se réunissaient dans un contexte associatif; d’un côté les Salomé donc, et aussi les Rock in C, leurs petits frères.

J’ai souvent vu des chanteurs que je ne trouvais pas de ouf en groupe se révéler dés lors qu’ils entamaient une carrière solo. Autant quand les groupes ont du succès, on regrette dans les carrière solos la patte des autres membres du groupes. Autant, chez les never been, il y’a tout à gagner dans une carrière solo. Dom Colmé revenait ainsi, seul, ayant tué Salomé, avec immédiatement une maturité incluse. Comme si ce nouveau millénaire papillonnait. S’en était finit de l’adolescence attardée. Pour lui comme pour moi dans ces années là, nous étions papa au même moment.

Je voyais le bon prodigieux qu’il faisait dans ses prestas solitaires. Avec Salomé, il en faisait des caisses. En solo, il apprenait les silences. La subtilité, la discrétion. Dom sait envoyer encore et toujours, mais il aura certainement évoluer vers un ton davantage narratif.

Son must est un titre qui a une quinzaine d’années: Il y’a Dieu dont le texte a été écrit par JilVictor Thiam. On est chez Love is all de Glover ou Come on Eileen des Dexys Midnight Runners. La chanson festive, classique parce qu’évidente. L’écriture y est belle, on va la savourer chaque fois qu’on l’entendra comme un bon pinard qui ne nous saoule jamais. Dom étant performeur, Il y a Dieu en live était chaque fois moment unique, Dom les yeux dans les yeux.

Dom me disait dernièrement qu’il ne chantait plus Il y a Dieu. Y a un souci en ce moment à prononcer « Dieu » dans une chanson. Je me rends compte que moi aussi, je zappe les chansons qui, de mon côté, blague sur la religion. Et ça fout bien le bordel dans une époque où nous tourbillonnons dans un chant vertigineux puisque l’idéal est compliqué à se définir.

J’écoute en voiture depuis quelques temps le dernier album de Dom Colmé « Dans les cordes ». Il y a du son. Je suis toujours étonné que Dom semble vouloir devenir un baladin. On sentait déjà ça dans Aller marcher qu’il chantait il y’a quelques années. Dom se veut saltimbanque. S’il est un never been pour les chapelles mainstream, il se construira, mine de rien, de café concert en café concert, de festival en SMAC, show case en interview radio ou TV.

Le travail des textes de Marie Demesmey est impeccable. Je lui ai écrit les textes d’un 4 titres il y a 5 ans. Il est dans une belle évolution, dans la variété RTL2 de De Palmas ou éventuellement Daran. Je suis perturbé parce que je l’imagine tenter un dernier coup. Comme un album soul rock qui déménage. Dom, je le sais guitare héro. On le voit vocaliste entertainer, mais il jobe aussi du côté de Prince et Hendrix (faites pas chier avec les « toutes proportions gardées », on se comprend). Il sait nous pondre des solos de Hotel California à Another break in the wall. Et, s’il semble chercher une place en variété, j’aimerais tant perso qu’il se la fasse dans un rock variété, où séjournait Hallyday et où nagent les Paul Personne, M ou Bertignac.

Un texte de Dom Colmé, rêve poétique, que les mots se posent comme des couleurs pas forcément concrètes. Il peut kiffer l’abstrait. Comme chez Roda Gil qui disait « tout ce qu’on demande à un texte, c’est de ne pas venir chier sur la musique ». Dom commet des chansons comme un peintre des tableaux. Il y a du vertige dans sa voix, du tremblement.

Bonne facture que ce disque. Je n’étais pas pressé de l’entendre parce que je n’aime pas du tout le titre Parenthèse moi qui semble être le titre que Dom mettrait en avant quand moi je le trouve être le moins bon de l’album. Je sens une unité, une homogénéité dans tout ce que j’entends. Un poète nous dit « Quand je ferme les yeux tout m’appartient ». Dom est comme Souchon à nous poser une question qui reste en l’air dans les cordes. Peut être qu’en vieillissant nous sommes moins sûrs de nous.

C’est juste incroyable de retrouver des aventures, toujours en place au bout de 30 ans.

 

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