16 février 2019 ~ 0 Commentaire

CharlElie Couture – Même pas sommeil

CD

Voici un CharlElie de très bonne facture qui vient de sortir. Je dis ça parce que CharlElie ne me le fait pas toujours. Inconstant puisque dans une recherche perpétuelle. CharlElie ne se (re)pose jamais sur une pierre musicale sécuritaire et passe sa carrière à surprendre son public. On pourrait lui dire qu’il frustre son auditoire et passe à côté d’une carrière à la Souchon ou Cabrel, ce à quoi il répond le pertinent « Ce que tu gagnes d’un côté, tu le perds de l’autre ». 

Les chevaux froids commencent ce disque et, d’entrée, on est séduit par une rythmique, un son qui nous annonce qu’on connait là un grand CharlElie. Ca me réjouit parce que je dois remonter à 9 ans en arrière pour me rappeler quand CharlElie m’avait emballé comme là. Le brillant Fort Rêveur me portait et je respirais comme souvent avec CharlElie.  Même pas sommeil, la chanson éponyme swingue dans un savoir faire local qui nous rend confiant. Même si le propos toujours cynique ne s’y prête pas toujours, pas forcément. Another Man est chanté en anglais puisque CharlElie est franco-américain. Surtout citoyen du monde, des cultures ou religions. CharlElie s’imprègne et se pose là. Seul et unique ou toujours l’évocation de la singularité pour tant apprécier l’instant, la rareté. Le Lamantin rappelle le Loup dans la bergerie, CharlElie ramène toujours l’Homme a ses galères permanentes, peu importe son niveau social ou autre. Tous dans le même bateau. Ode à l’Est évoque notre Lorraine, avant qu’elle ne soit une partie du Grand Est. CharlElie raconte souvent qu’il a voulu quitter cette région au ciel bas de plafond où tout l’été n’est fait que pour préparer l’hiver. Il n’a jamais été à proprement parlé un artiste lorrain. Toujours oeuvrant dans un travail international. D’ailleurs, il était à 19 ans signé une Island Records, label mondial. C’est que les artistes de l’Est, comme les Thiéfaine, Higelin, Bashung, Rodolphe Burger, Christian Décamps et tant d’autres se font toujours par eux même et donc de façon complètement atypique tant dans la façon d’y arriver que dans ce qu’ils proposent. Toi ma descendance évoque l’inquiétude de CharlElie devant la planète qui se voit détruite progressivement par la connerie humaine. Comment ses filles, éventuellement ses petits enfants, pourront ils survivre? UKU Social est un instrumental avec des notes qui vivent vraiment puisque jouées de manière vivante, pas dans la lisseté convenue qu’on pourrait avoir souvent ailleurs. A Paris je péris, encore un bon swingue sur lequel CharlElie peut s’avérer préoccupé puisque la musique contraste du texte (souvent son savoir faire premier). Les heures caniculaires jamment, un violon surprend à chorusser subitement. CharlElie où une chanson qui balance, encore et encore chante si magique. Dans ces heures caniculaires, il ironise. The Hardest nouvelle chanson en anglais, notre CharlElie est désormais international qu’on se le dise. Il est Lou Reed ou Bob Dylan s’il le souhaite. Ode à l’Est (2) parce qu’il avait encore à dire sur sa vie par ici, où il revient parfois, faire le point, tiens. Resister Sister termine en mode piano bar avec une trompette d’aristochat qui sacre une évidence.

Les notes bleues, la voix croonante. CharlElie élève des beaux arts du 54. Artiste multiste qui ne s’arrête jamais. Ayant connu les unes du show business connait désormais un rayonnement plus underground mais, encore et toujours, il enfonce un clou qui me fait vivre.

Oh merci, CharlElie

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