23 septembre 2019 ~ 1 Commentaire

Gonzo

Je ferme un message qui me souhaite « bonne semaine, Dany » et j’apprends alors la mort de Gonzo, le batteur de Metz. Oui, je dis le batteur parce que, s’il y avait un batteur avec qui on voulait jouer, c’était Gonzo. Peut-être pas le meilleur techniquement (même s’il gérait trop, il y’aura toujours mieux sur ce terrain-là), mais de loin le plus pertinent ou subtile. Pas besoin de trop lui parler pour savoir ce qu’il fallait apporter pour enrichir et sublimer une chanson. Donc ma semaine ne risque pas spécialement d’être bonne, elle commence moche.

Je l’ai d’abord connu dans Do it. Groupe de rock mené par Louis Ville. Ça chantait d’abord en anglais pour passer au français et même prendre le nom de Louis Ville plutôt que celui d’un groupe. Gonzo aura ainsi soutenu le projet Ville pendant une vingtaine d’années.

Depuis une bonne dizaine, c’était avec Dom Colmé que je le voyais évoluer. Le fameux power trio d’anciens Salomé, Dom Colmé guitare chant et Steph Glanois à la basse. Les étés, ils partaient sillonner la France des festivals et cafés concerts. J’ai écris les textes d’un 4 titres de Dom il y’a 6 ans et j’ai pu voir combien cette boutique était précise dans son travail. Dom vient de la soul, du premier R&B. La continuité de James Brown. Avec sa formation Go fast, ils avaient ça dans le ventre et proposaient une variété proche des De Palmas ou Tété. Entre Salomé et Colmé, je les ai vus grandir, devenir toujours plus universels.

Ces dernières années, Gonzo travaillait à la conception des cordes de guitare Skull Strings et était aussi sonorisateur dans la salle de spectacle L’aérogare à Metz.

Une crème de mec, ce Gonzo. Je sais qu’il aimait lire ce blog, mes billets sur ma page Facebook Dany Des Rues ou mon autobiographie que j’avais publié il y’a trois ans. Quand je jouais devant le Galaxie d’Amnéville, il lui arrivait de sortir de la salle de concert et de me déposer une pièce dans l’étui. Il me claquait la bise et avait toujours un gentil mot. Croisé dans un rond point de Borny, sa voiture partait sur sa route et lui me cherchait alors dans la rétroviseur, la main levée pour me saluer, me quittant du regard à l’unique moment où nous disparissions de vue l’un de l’autre. 

Le MMM (monde musical messin) change de nom aujourd’hui. Il ne s’appelle plus comme ça. Il ne s’appelle plus, d’ailleurs. Il pleure son batteur, son pote.

Adieu Gonzo. J’écris pour toi. Tu feras toujours parti des spectacles de ceux qui auront bossé avec toi. Je n’arrive pas à réaliser, tu étais tellement la Vie.

Une réponse à “Gonzo”

  1. Je ne le connaissais pas particulièrement
    Mais ces lignes résument bien l’homme qu’il était Je vous présente à tous, amis, famille mes plus sincères condoléances.


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