06 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

Tournée belge, octobre 2019

Spa, je connais en Juillet. Je vais quasiment chaque année depuis une vingtaine aux Francofolies. Ça tombe toujours pour la fête nationale, lé 21 Juillet. J’y découvre la Chanson Belge, souvent décalée et alternative. Sttellla, Daniel Hélin, Cédric Gervy… les cousins de GieDré ou Didier Super. Les locomotives françaises sont aussi programmées pour faire le plein (les mêmes qu’à La Rochelle, en fait).

Je n’y passe pas souvent durant l’année. C’était l’occasion ces jours-ci pour une petite tournée organisée par Spa live. D’abord, la brasserie Francoff. Un lieu magnifique. Baladez vous dedans, vous y verrez des cadres avec les photos des artistes programmés depuis 25 ans à Spa. Sur chaque photo, l’artiste a posé une dédicasse. Je ne vais pas tous vous les citer, c’est impossible. Mais oui, Il y’a les Cabrel, Renaud, Aubert, Samson, Zazie… 

Je jouais deux fois 45mn. Séba le programmateur aurait aimé que je ne joue que des compositions, idéologiquement. Mais il comprennait bien que pour satisfaire le plus grand nombre, il faille jouer un tiers de reprises. Je jouais donc la set list actuelle de Dany Des Rues se met au show en remplaçant les chansons les moins populaires par des reprises de Téléphone, Lou Reed, Gainsbourg…  C’est un cahier des charges obligatoires dans une brasserie. S’il y’a une partie des gens présents qui se réjouissent de découvrir mes chansons (beaucoup m’auront dit qu’ils me connaissaient de vue ou de rue mais sans jamais avoir prêté attention à ce que j’écrivais), il y’a une autre partie du public de la brasserie qui vient juste pour partager un repas avec des amis. Aussi, il s’agit d’être suggestif pour moi. Je ne peux pas imposer. C’est un peu le job d’un pianiste de bar, même si je sais que des gens veulent écouter mes paroles. Séba m’a fait plaisir en me félicitant sur ma prestation. II lui arrive de coacher des chanteurs, il a été chanteur lui même. c’est surtout que je me sentais bien là. J’avais un bon son, mon accueil s’était passé à merveille. Je me sentais bien et je pouvais donner. Je ne dirais pas le maximum, c’est un dosage particulier, la brasserie. Mais on a fait le job, jeudi soir et c’était  un plaisir (il est fort probable que j’y rejoue en février avec Les Salopettes Acoustiques). 

Vendredi matin, je regarde à la télé un téléfilm plutôt pauvre. Il a attiré mon attention parce que j’y ai reconnu une actrice de Metz Maud Galet Lalande. Physiquement, elle a des airs de Marion Cotillard. Elle joue très juste dans ce téléfilm et ça doit être particulièrement difficile à tenir parce que les autres acteurs jouent faux. Vous voyez, ces fictions qui s’appelent Mon voisin m’a trahi, où le titre est écrit en bas de l’écran parce que si on regarde ça, c’est qu’on est tombé dessus par hasard en zappant et que, comme le pitch est dans le titre, on peut les prendre en route sans qu’on ait véritablement manqué quoi que ce soit. Le jeu des acteurs me fait penser aux anciens sitcoms de TF1 où les acteurs étaient impossibles. Un peu comme le romantisme d’un Philippe Manoeuvre qui se force à prendre un anglais surfaux lorsqu’il parle français alors qu’il converse depuis toujours avec des artistes anglo-saxons en évitant autant que possible cet accent romantique. Je voyais ça aussi dans le film Baise-moi de Virginie Despentes. Les acteurs avaient le jeu des films pornos. Au delà de ne pas y croire, on a l’impression que c’est fait pour ça. Voyez la toute première scène de Germinable de Claude Berry. Renaud en face de Jean Carmet. Le chanteur ne tient pas la route devant ce géant du cinéma. Ça souligne justement tout le savoir de Carmet. On est surpris de voir un Renaud qui récite. Vu les budgets qu’on met dans ces films, on suppose que Berry était un minimum sûr de son coup. Il le pensait en embauchant Renaud. Il l’avait vu dans ses premières scènes en comédien et était persuadé qu’il allait surprendre le public comme il l’avait fait avec un Coluche à contre emploi dans Tchao Pantin. Il se trouve que si Renaud avait été bon acteur quand il avait 20 ans, ensuite il était devenu Renaud. Il ne jouait alors qu’à Renaud (personnage remarquable, du reste). Mais si vous donnez à un comédien un unique rôle pendant 15 ans, il est peu probable qu’il puisse jouer autre chose 15 ans après, comme esquinté.

Samedi, je jouais à Creppe avec un chanteur breton Daniel Duroy et le groupe lorrain La p’tite sœur. La soirée était organisée par Duduche, figure spadoise qui se bat toujours pour faire vivre la chanson dans la ville. Ils ont communiqué à donf sur l’évenements pendant des semaines mais peu de gens ont fait le déplacement. Peut-être que trop de com tue la com, où qu’il y’a certainement un angle différent à envisager pour attirer les gens au spectacle.

C’est moi qui commençais la soirée. Je jouais 50 minutes. Je démarrais froid. Toute la journée, j’avais un rhume qui m’indisposait au plus haut point. Soigné avec des inhalations effficaces d’huiles essentielles. La première partie de mon concert, je pose une pièce. Comme un copier coller (c’est jamais vrai, jamais ça mais je pourrais croire) avec la part vertigineuse de risque. D’on ne sait pas où on se pose. La deuxième partie est plus fédératrice avec des On est tous des losers, Mourir vieux ou Le Moral à Zéro que le public chante aux refrains toujours avec moi. Seba et Duduche ont kiffé jeudi et samedi, on va donc probablement se revoir en février avec Les Salopettes Acoustiques, là encore.

Daniel Duroy semble être un chansonnier qui a dépassé la désabusion classique des idéalistes assumés ou refoulés. Pas nihiliste non plus, il me rappelle Patrick Font en plus bordélique. Autant acteur que chanteur, son spectacle est inclassable.

La p’tite sœur est une digne continuité des VRP (groupe phare de la scène alternative des années 90) et des Amis d’ta femme, pendant lorrain des VRP  au début des années 2000. Formation guitare, banjo et contre bassine, tout le monde chante. Festif, punk acoustique. Je connais le chanteur parce qu’il a pris le relais, chant et guitare, de Piero Moioli dans Skaferlatine. S’en est suivi un album aussi frais que le premier des Skaf’ (carrément mon préféré et de loin). Olivier me fait penser à Tony Fomblard pas son acuité à trouver sa place et s’imposer dans des projets si différents. Avant eux, il y’avait Laurent Hees, ex PKRK ou Skaferlatine qui apportait rapidement et évidemment dans les formations où il déboulait. Des gars de scène pertinents, ils y sont poissons dans l’eau.

J’ai quitté la Belgique ce matin. J’ai retrouvé ma Lorraine. Je n’ai pas écris là-bas. Je n’ai pas lu là-bas.

J’ai matté une super émission sur Scorpions sur Arté,

J’ai retrouvé des amis,

J’en ai rencontré de nouveaux,

J’ai fixé une jolie fille. Comme je vieillis, la beauté des filles n’en n’est qu’encore plus vertigineuse. Indomptable, inabordable. Je ne peux plus dire fantasme, comme un précédent chapitre qui remonte, mine de rien, au millénaire précédent.

Crédit photo: Duduche

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez-vous poster un commentaire.

IKIWABI |
Terre & bois |
Fightingmarcel2 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Tobereborn
| Gaenerys
| Ecole Auvergne Formation Art